*

MENU
Logo DeSerres

4

Créer une œuvre personnelle

C’est sans thématique particulière que Marc Séguin pousse les artistes à partager leurs préoccupations personnelles.

Avant-propos

Marc Séguin pousse les artistes à partager leurs préoccupations les plus personnelles, car s’assumer comme artiste vient avec une grande responsabilité sociale. Le mentor croit que pour être un véritable artiste et s’assurer une carrière, il faut avoir la prétention d’avoir quelque chose à dire et d’en faire un commentaire personnel. C’est en s’inspirant du parcours de Marc Séguin que nous parlerons de l’évolution de la peinture au Canada, ainsi que des concepts de conservation et de restauration des œuvres d’art.  

Cette semaine, les artistes se sont moins filtrés à travers le regard des autres et ça me fait plaisir. C’était le but de l’exercice et c’est pour ça que certains d’entre eux ont touché la cible.  

- Marc Séguin

Combien de peintres canadiens reconnaissez-vous dans cette liste ?

Paul-Émile Borduas
Serge Lemoyne
Rita Letendre
Tom Thomson
Fernand Leduc
Charles Daudelin
Marc-Aurèle Fortin
Jean-Paul Riopelle
Alfred Pellan
Jean-Paul Lemieux

Dossier thématique

La peinture au Canada

À ses débuts, la peinture canadienne était fortement inspirée des traditions classiques européennes, du genre de Krieghoff et de Rindisbacher qui étaient des exemples à suivre. Cependant, plus le temps avance, plus les paysages et les activités canadiennes prennent leur place dans les œuvres.

Dans les années 1880-1890, l’Académie des Beaux-Arts de Paris faisant consensus comme  référence en beaux-arts, certains artistes canadiens y ont reçu leur éducation, à la française. À leur retour, ils ont partagé et enseignement avec d’autres artistes et intéressés, perpétuant ainsi cette tradition visuelle datant de 1650. Quelques décennies plus tard, des peintres comme James Wilson Morrice et Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté ont voyagé fréquemment en Europe et ont fréquenté des artistes de renom comme Matisse. D’autres artistes comme Ozias Leduc (le maître de Borduas) se sont inspirés, quant à eux, des paysages locaux et n’ont visité l’Europe qu’une fois devenus célèbres.

Afin de se tailler une place sur la scène internationale, un groupe incontournable de la peinture canadienne s’est formé en rejetant les valeurs traditionnelles européennes : le Groupe des Sept, basé à Toronto. Leur style audacieux tendait vers un style dynamique et éclatant, et a dominé l’art canadien pendant plus d’une trentaine d’années. Au même moment, une artiste canadienne, Emily Carr, en a inspiré plus d’un; travaillant comme un ermite, elle partageait le dynamisme du Groupe des Sept pour les paysages canadiens.

Après la Deuxième Guerre mondiale, on assiste à l’éclosion des mouvements modernes au Canada avec une augmentation du nombre d’artistes, de revues spécialisées, d’institutions et de galeries. Durant cette période faste, les artistes s’intéressent à ce qui se passe ailleurs dans le monde, et ne sont pas tous en accord : des débats qui amènent une diversité en peinture très intéressante. John Lyman, Alfred Pellan et Paul-Émile Borduas font partie de cette époque foisonnante et éclectique. Pellan s’inspire du cubisme et du surréalisme qu’il a vus en France, et Borduas pousse le mouvement encore plus loin, tandis que Lyman s’inspire du fauvisme et de Matisse.

Un autre groupe incontournable de la peinture canadienne est celui des Automatistes, dont fait partie Fernand Leduc, Pierre Gauvreau, Jean-Paul Riopelle, Françoise Sullivan, Marcel Barbeau et Jean-Paul Mousseau. Désirant, eux aussi, rompre avec la tradition classique et l’immobilisme de la société québécoise en matière d’éducation et de liberté de religion, ils sont des signataires du manifeste Refus Global, rédigé par Borduas en 1948. Leur particularité ? Une approche intuitive, expérimentale et abstraite de l’art. L’automatisme a certes débuté dans les arts visuels, mais il s’est également étendu à d’autres disciplines, comme la poésie, la danse et le théâtre.

Succédant aux Automatistes, l’Association des peintres non figuratifs de Montréal est née  à Montréal, comptant parmi ses rangs Claude Tousignant, Guido Molinari et Yves Gaucher, pour ne nommer que ceux-là.

Par la suite, une nouvelle abstraction naît dans les années 1980, qui utilise et mélange des références provenant autant de l’Antiquité que de la culture populaire, pratique inédite jusqu’à cette époque. Dans les années 1990, l’arrivée et l’accessibilité des nouvelles technologies servent la peinture afin de la pousser vers de toutes nouvelles directions. Les artistes sont de plus en plus éveillés aux questions d’ordre social, religieux, éthique, scientifique et on assiste à une relecture de l’histoire et de l’histoire de l’art, ce qui apporte une tonne de nouveaux sujets à aborder et à représenter.

À l’heure actuelle, la peinture est encore bel et bien présente dans l’art contemporain, mais il n’existe pas de consensus par rapport à son style. Toutes les références, les styles, les techniques sont permis, ce qui fait la richesse de la peinture actuelle. On peut retrouver, dans une même pièce de musée, un Kent Monkman au côté d’un Cynthia Girard ou d’un Marc Séguin. 

Vrai ou faux : Jean-Paul Riopelle a peint L’Étoile noire en 1957?

L'étoile noire, 1957

Le monde de l'art contemporain

Conservation et restauration d’œuvres

 

La conservation

Le concept de conservation tire son origine du monde des musées, dont les quatre missions originales sont de faire l’acquisition, la recherche, la présentation et la conservation d’œuvres visuelles.

Le conservateur se charge également de l’entretien des œuvres et s’attarde à ce qu’elle ne détériore pas avec le temps dans le cadre d’un mandat préventif. Ce métier comporte donc des responsabilités d’ordre autant scientifique, qu’administratif. Même si on imagine habituellement un conservateur travaillant pour un musée, on peut également le retrouver s’occupant d’une collection acquise par une institution, une entreprise ou même un collectionneur privé. Par exemple, la jury Jo-Ann Kane a œuvré à titre de conservatrice pour la collection d’œuvres d’art de la Banque Nationale, une institution privée.

 

La restauration

La restauration, quant à elle, englobe « toutes les interventions et tous les traitements servant à rétablir un état historique donné et, par là, à améliorer la lisibilité et l'intégrité esthétique d'un objet ou d'un bâtiment ou, le cas échéant, rendre son utilisation à nouveau possible ».

On comprend donc que la restauration est nécessaire lorsque la conservation n’a pas été suffisante. Elle existe afin d’améliorer la lecture des œuvres et de conserver les manipulations originales sans trop les détériorer. Lorsqu’une œuvre doit être restaurée, on effectue des examens préalables des strates de style archéologique : combien de couches sont présentes, quels types de substances l’œuvre contient-elle, de quand datent ces tableaux? La plupart du temps, les restaurateurs doivent faire des études en sciences ou, encore plus spécifiquement, dans un programme de restauration.

Aujourd’hui, les principes de base de la restauration en art s’appuient sur la lisibilité, la réversibilité et le respect de l’original. Il faut donc être en mesure de distinguer les couches originales des couches restaurées, s’assurer que les techniques utilisées puissent être complètement réversibles dans le futur et il faut servir la création originale. Les restaurateurs ne font jamais des choix de façon rapide. Ils étudient les œuvres longuement, ses couches, les manipulations préalables et font des tests de solvants avant d’entamer quoi que ce soit. Ils sont de très patients observateurs, ainsi que de minutieux artistes. Leur but ultime est d’arrêter la détérioration à l’aide de différentes interventions plastiques, que ce soit avec de la peinture, des solutions chimiques ou des faisceaux lumineux. Le tout afin de transmettre les œuvres et le savoir aux générations futures.

Avec la restauration majeure de l’une de ses œuvres, quel peintre s’est montré sous un tout nouveau jour ?

Marc Seguin

Artiste Mentor

Marc
Seguin

Formé à l’Université Concordia en beaux-arts, Marc Séguin utilise les médiums comme la peinture, la gravure, la littérature et le cinéma pour s’exprimer sur les inégalités sociales à sa façon et pour poser un commentaire social sans moralisation.

Découvrir son site web

Entretien avec Marc Seguin

C’est de la responsabilité de l’artiste d’être dans l’arène sociale pour montrer certaines

1 Qu’est-ce qui vous a poussé vers le domaine artistique?

Ma mère avait des pastels et lorsque j’étais gentil, elle me laissait les utiliser. Sinon, j’ai vu des expositions et j’étais impressionné par le nombre de gens qui s’intéressaient aux œuvres. Alors, j’ai choisi d’aller en arts visuels ne sachant pas quoi faire d’autre. 

2 Qu’est-ce qui vous enrage, vous inspire?

Les inégalités m’interpellent. C’est de la responsabilité de l’artiste d’être dans l’arène sociale pour montrer certaines absurdités sans toutefois penser révolutionner le monde. Ça fait partie de moi de vouloir être en plein milieu pour pouvoir mieux juger de la situation et la partager. En fait, je veux aussi combler mon insatisfaction de l’offre artistique qui ne me convient pas, alors je crée ce que je veux voir. 

3 Parlez-nous de votre démarche artistique.

Je ne cherche pas à faire des œuvres « punchs », j’essaie de créer des commentaires sociaux sans être littéral. Je veux représenter l’air du temps et j’essaie de trouver une rime pour pouvoir l’exprimer. C’est une approche plutôt activiste et militante, sans aller dans la rue. 

4 Quels sont les sujets ou disciplines qui vous intéressent ?

Je lis beaucoup d’essais pour être confronté aux idées que je n’ai pas encore rencontrées, que ce soit des sociologues posés ou des farfelus de la théorie du complot. Je n’adhère pas nécessairement à ce que je lis, mais j’aime le contraste et les motivations qui se cachent derrière, car je crois que tout ça nous décrit comme société. 

5 Définissez-moi ce qu’est un artiste.

Un artiste, c’est quelqu’un qui possède des antennes, qui filtre son époque et qui en laisse une trace. J’admire les personnes aux carrières constantes qui prennent du temps à se développer, et qui se tiennent à l’écart des mouvements et des courants. 

Démarches

Les artistes se mettent à nu en partageant leurs préoccupations personnelles, mais ce n’est pas sans obstacle. Ils doivent faire du ménage dans leurs idées et trouver leur voix. Certains doutent de leur choix et d’autres sont incroyablement concentrés sur ce qu’ils ont à faire. 

Épisode 4

Créer une œuvre personnelle

Charles Lavoie

Manuel Mathieu

Guillaume Boudrias-Plouffe

Caroline Monnet

Karine Payette

Frances Adair Mckenzie

Les oeuvres de l'épisode

Cliquez sur votre oeuvre préférée pour voter.
Chaque semaine, vous avez jusqu'à mardi 21h pour voter.

Jelly

Frances

Adair Mckenzie

Jelly

Jelly
Voter

Frances

Adair Mckenzie

Jelly

Poudre de Perlinpinpin

Guillaume

Boudrias-Plouffe

Poudre de Perlinpinpin

Poudre de Perlinpinpin
Voter

Guillaume

Boudrias-Plouffe

Poudre de Perlinpinpin

Autoportrait (semaine 4)

Charles

Lavoie

Autoportrait (semaine 4)

Autoportrait (semaine 4)
Voter

Charles

Lavoie

Autoportrait (semaine 4)

Antonio

Manuel

Mathieu

Antonio

Antonio
Voter

Manuel

Mathieu

Antonio

Memories we shouldn't speak of

Caroline

Monnet

Memories we shouldn't speak of

Memories we shouldn't speak of
Voter

Caroline

Monnet

Memories we shouldn't speak of

Sur un coin de table

Karine

Payette

Sur un coin de table

Sur un coin de table
Voter

Karine

Payette