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Le laid

Cynthia Girard fait réfléchir les artistes sur les normes établies en leur proposant un thème aux caractéristiques carnavalesques : la laideur.

Avant-propos

Cette semaine, Cynthia Girard fait réfléchir les artistes sur les normes établies en leur proposant un thème aux caractéristiques carnavalesques : le laid. Ensemble, ils requestionnent la définition de la laideur et de ses diverses dimensions, comme le « tellement-laid-qui-devient-beau », les contre-courants et le « kitsch ». Chacun des artistes se questionne sur leur propre vision du beau et du laid afin d’illustrer la plus grande laideur qui les habite.

Inspiré par le parcours de la mentore, le dossier de cette semaine portera sur l’installation, ce « genre-médium », et sur les manifestations d’art contemporain, telles que les biennales et les foires d’art.  

Que représente cette image?

Oeuvre "Epaves, 2013, Isabelle Hayeur"

Dossier thématique

L’installation : un genre ou un médium?

Il est difficile de définir l’installation dans le domaine de l’histoire de l’art, car, tout d’abord, elle se situe à mi-chemin entre le genre et le médium. Elle peut être un genre qui comprend une panoplie de médiums et de techniques, ou devenir un médium en soi. Elle peut aussi s’apparenter à la mise en scène, à la scénographie, à l’espace, à l’environnement et à l’aménagement. L’installation peut être vue dans les musées et les galeries, mais aussi dans des lieux privés et publics. On ne peut pas l’associer à un mouvement artistique en particulier, mais l’installation à proprement parler est née dans les années 60 des désirs des artistes qui voulaient briser les limites imposées par certaines techniques afin d’offrir une tout autre expérience de l’œuvre d’art.

La caractéristique distinctive de l’installation est l’implication et l’expérience du spectateur. D’un point de vue spatial, l’installation occupe un environnement physique, qu’il soit intérieur et/ou extérieur. Peu importe son déploiement, elle investit l’espace de façon temporaire ou définitive, elle peut être mobile, fixe ou éphémère. Et tous les matériaux et toutes les techniques sont les bienvenues pour créer une installation. La plupart du temps, elle se déploie en trois dimensions, d’où l’implication directe du spectateur dans l’œuvre comme dans À mes amies les licornes de Cynthia Girard. On peut aussi expérimenter des installations en deux dimensions. Par exemple, avec une seule peinture qui est présentée au mur, l’artiste peut en faire une installation en ajoutant des détails à l’espace qui l’entoure afin que le spectateur vive l’œuvre d’une tout autre manière. Ces détails peuvent être sonores, olfactifs, tactiles ou visuels : tous les sens peuvent être sollicités.

Comme on peut le voir avec Pulse Room de Rafael Lozano-Hemmer ou My Treaty is With the Crown de Kent Monkman, l’installation peut revêtir différentes formes esthétiques et différents médiums. Dans l’installation interactive de Lozano-Hemmer, il y a des circuits électriques, des ampoules, des calculs informatiques et un dispositif pour calculer les pulsions cardiaques. Le spectateur doit donc toucher le dispositif pour vivre l’expérience, la poésie de l’œuvre et pour interagir avec elle. Tandis que chez Monkman, ce sont des textiles qui reproduisent une tente de style militaire afin de mettre en contexte les deux peintures de l’artiste ayant comme sujet la bataille des plaines d’Abraham.

Shown here: Musée d´Art Contemporaine, Montréal, Québec, Canada, 2014.  Photo by: Richard-Max Tremblay.60" x 96"  Acrylic on Canvas, Private Collection

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On peut également utiliser l’installation comme fil narratif entre différentes œuvres. Dans À mes amies les licornes de Cynthia Girard, l’installation-narration, qui ressemble à un labyrinthe d’échafaudages, crée des liens entre les nombreuses œuvres afin d’illustrer un monde imaginé par l’artiste. Comme dans Cycle of life de Manuel Mathieu, l’installation peut aussi être très épurée, tout en contenant différents médiums, matériaux et techniques (objets issus du monde hospitalier, vidéo, textile et vêtements, etc.). On peut donc dire que dans plusieurs cas, l’installation revêt un caractère immersif, participatif et théâtral. 

Finalement, l’approche in situ est aussi une forme d’installation, car l’œuvre tient compte du lieu d’exposition, ou elle est conçue spécialement pour le site choisi comme dans les œuvres d’Isabelle Hayeur. Le lieu est donc une composante primordiale dans l’approche in situ, car si l’œuvre est sortie de son lieu d’installation, son sens peut se voir évacué. L’art interactif et la réalité augmentée peuvent aussi faire partie d’une installation, car ils réagissent et interagissent avec le public grâce à des moyens numériques. On sort de l’expérience de la vision seule pour obtenir une expérience qui stimule les sens. Le spectateur peut entrer dans l’œuvre, mais peut aussi en faire partie. Même que la participation est souvent encouragée. En somme, l’installation se déploie nécessairement dans l’espace, et est autant un genre qu’un médium, tout dépendant de la volonté de l’artiste et du contexte d’exposition. 

Vrai ou Faux : La mise en place d’une installation tient toujours compte de son lieu d’exposition?

Le monde de l'art contemporain

Foires, biennales, et tout le tra-la-la

Plusieurs types de manifestations d’art contemporain existent, chacune possédant un rôle particulier dicté par ses instigateurs. Et il est parfois difficile de s’y retrouver! Voici une brève exploration de quelques manifestations internationales reconnues.

Foires, biennales, triennales : sont toutes des rassemblements sous forme d’exposition qui offrent une vitrine aux artistes actuels. En temps normal, les manifestations d’art nommées Triennale (au trois ans) ou Biennale (au deux ans) peuvent se doter d’un thème pour créer une narration à travers l’exposition des œuvres sélectionnées. Ces types de manifestations d’art peuvent être internationales, nationales ou régionales.

Dans le cas de la Biennale de Venise – une des manifestations internationales les plus prestigieuses du monde de l’art –, un commissaire par pays est mandaté pour choisir un artiste qui doit représenter ce pays à la Biennale. Par exemple, la commissaire canadienne Marie Fraser a choisi le collectif BGL pour représenter le Canada à la 56e édition de Biennale de Venise en 2015.

La Biennale de Montréal (BNLMTL), quant à elle, veut « accompagner le travail des artistes québécois, canadiens et étrangers, contribuer à l’élaboration des discours sur l’art, réfléchir à la pratique du commissariat et jouer un rôle porteur dans le réseau des biennales internationales par sa manière singulière de mettre en expérience les questions qui taraudent notre monde. » Cette biennale ne cherche donc pas à présenter un artiste par pays, mais bien de promouvoir des artistes – autant locaux qu’internationaux – qui sont importants dans le paysage artistique actuel.

La documenta, elle, est une exposition d’art contemporain qui se produit au 5 ans dans la ville de Cassel en Allemagne. À l’origine, elle prenait place au Fridericianum pour permettre aux Allemands de renouer avec l’art moderne à la suite de la Deuxième Guerre mondiale. Avec la Biennale de Venise, elle est l’une des plus grandes et des plus importantes expositions d’art contemporain au monde. L’exposition est basée sur les idées et les concepts personnels du commissaire soigneusement choisi. Souvent, cette manifestation d’art fait place à l’innovation, autant dans l’art présenté que dans les théories et concepts véhiculés. Les commissaires prennent donc plus de risque en présentant des œuvres qui sortent des sentiers battus en relation avec les tendances de l’époque.  

Dans un plus petit registre, la Manif d’art de Québec veut promouvoir et diffuser les arts visuels actuels en proposant une exposition pensée sur un thème, des colloques, des forums et des activités pour un public varié. Elle y présente une cinquantaine d’artistes locaux et internationaux.

Si l’on parle des foires d’art comme le Art Basel de Miami ou le Art Toronto, on ajoute aux considérations artistiques des manifestations précédentes un volet commercial avec la vente d’oeuvres d’art. Les galeries d’art y sont donc parties prenantes et accueillent de grands collectionneurs afin de conclure des ventes. Elles permettent aussi aux représentants des galeries de partout de se rencontrer et d’échanger sur les artistes qu’ils représentent et sur leurs façons de faire. 

Cynthia Girard

Artiste Mentor

Cynthia
Girard

Poète et artiste visuelle, Cynthia Girard nous entraîne dans son univers imaginaire et poétique. Ses nombreuses œuvres et son approche satyrique défient les hiérarchies en place et les rapports de forces de notre société. 

Entretien avec Cynthia Girard

Je crois que l’art est une place pour réfléchir, pour se questionner et pour créer un nouveau rapport au monde

1 Qu’est-ce qui vous a poussé vers le domaine artistique?

J’ai appris beaucoup sur l’art et les peintres en allant à la bibliothèque de Montréal. Aussi, le personnage d’Emily Carr m’a toujours fascinée ; elle avait deux singes dans un carrosse, un gros chien et elle voyageait en canot pour aller peindre en nature. Pour moi, c’était ça la vie rêvée : être entourée d’animaux et légèrement retirée de la société. 

2 Quel (s) médium (s) avez-vous exploré?

Lorsque j’étais adolescente, j’écrivais beaucoup et je dessinais dans mon journal. Ensuite, à l'université, c’était surtout la peinture et l'art sonore. Maintenant, j'essaie souvent de faire bifurquer la peinture et les autres médiums vers quelque chose plus près de la tapisserie, de l'art mobilier, des accessoires liés au monde du théâtre.

3 Qu’est-ce qui vous enrage, vous inspire ?

Je crois que l’art est une place pour réfléchir, pour se questionner et pour créer un nouveau rapport au monde, alors les problématiques sociopolitiques sont très importantes dans ma pratique. Les inégalités et les rapports de force m’inspirent, ainsi que notre rapport à l'environnement.

4 Parlez-nous de votre démarche artistique

En fait, tout m’inspire et c’est ce qui fait en sorte que ma pratique ressemble, au final, à un collage. Je tente de fabriquer un monde à partir de choses existantes et je les mets en tension dans un nouveau rapport. J'inclus un côté satirique en montrant les espèces de vices et de rapports de force au niveau politique et en me moquant des normes établies. Enfin, j’aime fabriquer des objets qui nous font réfléchir à notre rapport au monde, tant par la peinture que par d'autres médiums.  

5 Définissez-moi ce qu’est un artiste

C’est la figure du Narval. Il possède une grande corne qui ne semble pas fonctionnelle et est encombrante. On a de la difficulté à comprendre comment la nature a pu construire une telle créature. C'est fascinant, comme l'art : on ne comprend pas vraiment pourquoi c'est là et à quoi ça sert. 

Qu’est-ce que Papier 14?

Démarches

Le laid inspire nos artistes et les met dans une position plus calme et plus posée que la semaine précédente. Que ce soit sombre, « quétaine », bizarre, triste, choquant ou inconfortable, voyez comment chacun travaille le laid à sa façon.

Épisode 3

Le laid

Frances Adair Mckenzie

Karine Payette

Charles Lavoie

Manuel Mathieu

Caroline Monnet

Guillaume Boudrias-Plouffe

Les oeuvres de l'épisode

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Chaque semaine, vous avez jusqu'à mardi 21h pour voter.

Stories for beautiful children

Frances

Adair Mckenzie

Stories for beautiful children

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Frances

Adair Mckenzie

Stories for beautiful children

Philvain Galipeau

Guillaume

Boudrias-Plouffe

Philvain Galipeau

Philvain Galipeau
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Guillaume

Boudrias-Plouffe

Philvain Galipeau

Trois mineurs

Charles

Lavoie

Trois mineurs

Trois mineurs
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Charles

Lavoie

Trois mineurs

Cycle of life

Manuel

Mathieu

Cycle of life

Cycle of life
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Manuel

Mathieu

Cycle of life

Frank

Caroline

Monnet

Frank

Sans titre

Karine

Payette

Sans titre

Sans titre
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Karine

Payette