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Le cadre / Le contexte

François Morelli questionne le cadre et le contexte en proposant deux ateliers aux artistes. 

Avant-propos

François Morelli questionne le cadre et le contexte avec les artistes en leur proposant des ateliers. Chacun des artistes possède sa propre relation avec le cadre, qu’elle soit contraignante ou structurante, littérale ou métaphorique. C’est en travaillant ce thème que les artistes nous dévoilent leur relation avec la structure et leur vision de celle-ci. En définissant la place du cadre, thème très important en art contemporain, nous découvrirons le médium de la performance et le métier de commissaire.  

Combien d’artistes de performance connaissez-vous parmi les suivants?

Marina Abramovic
Nam June Paik
Miranda July
Yoko Ono
Allan Kaprow

Dossier thématique

La petite histoire de la performance

L’art de la performance a fait surface au début du vingtième siècle. Que ce soit seul ou en groupe, de façon silencieuse, parlée ou avec de la musique, la performance est une action réalisée par l’artiste dans un lieu précis. Elle peut être définitive, ponctuelle ou même réitérée à l’aide d’une marche à suivre très rigide ou d’une improvisation prenant racine dans un mot, une phrase ou un thème. Par la décision de l’artiste, la performance peut donc être enregistrée ou non et certaines captures vidéos peuvent même agir en tant que performance en soi.

Dans l’histoire de la performance, il existe plusieurs moments marquants, comme le happening au Black Mountain College en 1952. Durant cette performance de nature théâtrale, les spectateurs étaient au milieu de la salle et les artistes déambulaient autour d’eux en pratiquant leur propre forme d’art. C’était, en quelque sorte, un spectacle participatif. On pouvait y voir David Tudor qui jouait du piano et Merce Cunnigham qui dansait, par exemple. 

Photographie par Hazel Larsen Archer, fin 1940 - début 1950

On ne peut passer à côté du collectif Fluxus qui intégrait directement les spectateurs dans la performance en reproduisant une activité quotidienne avec eux. Avec Fluxus, on ne voulait plus regarder une œuvre, mais en faire partie. Parmi ce collectif, on retrouve Yoko Ono, Nam June Paik et Joseph Beuys, pour ne nommer que ceux-là.

La performance a également tenu un rôle important, voire majeur, dans la lutte féministe des années 1960 et 1970. Les féministes de cette vague ont utilisé les codes culturels du corps féminin et les ont déconstruits afin d’en faire une critique sociale et de réévaluer la place des femmes dans l’histoire de l’art. Carolee Schnemann a produit une œuvre en réaction à ces constructions, nommée Interior Scroll, qui dénonçait les associations systématiques entre sensibilité et féminin, et intelligence et masculin. Schnemann performait debout sur une table, complètement nue, lisant un texte féministe provenant d’un rouleau de papier logé dans son vagin.

Plus près de nous, à Toronto, un collectif nommé General Idea utilisait la performance dans leur œuvre afin de faire une parodie de la société et de la publicité en utilisant les codes de la culture populaire, définissant ainsi la place de l’art dans la société. Ils ont filmé - de façon ironique - des concours de beauté très extravagants pour mettre en relation la reine de beauté avec la situation de l’artiste. Le concours devient l’exposition en musée pour l’artiste, et le moment du couronnement devient le moment de l’acquisition d’œuvres par une collection de bonne réputation.

Aujourd’hui, la performance est accessible à tous, et sous toutes les formes : documentée ou non, dans une institution ou dans la rue, silencieuse ou bruyante, répétée ou improvisée, dans une installation ou dans un pré. L’essence de ce médium est la présence humaine et le discours, qu’il soit parlé ou partagé d’une tout autre façon. 

 

Vrai ou faux ? Ceci est une performance.

Le monde de l'art contemporain

Qu’est-ce que le commissariat d’art?

Le rôle du commissaire est de concevoir une exposition, c’est-à-dire de choisir les œuvres exposées, de déterminer la façon dont elles sont exposées, de piloter la rédaction des textes reliés aux œuvres et de superviser de façon scientifique et matérielle toutes les étapes de la production d’une exposition. Il voit au transport des œuvres, à l’accrochage, à la mise en récit des œuvres entre elles, au catalogue d’exposition, au vernissage jusqu’au décrochage et au renvoi des œuvres.

Il peut être rattaché à une institution muséale, à un centre d’artiste, à une galerie, à une bibliothèque ou œuvrer de façon indépendante. Que ce soit une exposition d’un artiste solo ou de groupe, il veille à la diffusion des œuvres par un catalogue, des événements, un vernissage, le choix du lieu ou tout simplement par l’exposition. Souvent, il écrit des textes critiques sur l’exposition qui sont disponibles dans le catalogue d’exposition et choisit d’autres auteurs pour compléter son propos.

Le commissaire est à l’exposition, ce que l’auteur est à son livre et ce que le chef est à l’orchestre. On voit fréquemment des critiques d’art assumer le rôle de commissaire, comme le fait Nicolas Mavrikakis, car ces professions sont très liées. Le commissaire peut aussi obtenir des missions de programmation annuelle pour une institution, devenir conservateur d’un musée comme Mark Lanctôt ou prendre en charge le commissariat d’une manifestation d’art contemporain, comme Okwui Enwezor avec la documenta.Les commissaires à la tête de ces événements internationaux sont très réputés et sont souvent considérés comme le nec plus ultra des experts du monde de l’art. La notoriété du commissaire influence grandement la qualité des artistes qui participeront à ces expositions. En somme, le commissaire est, dans l’ombre, la tête d’affiche d’une exposition.  

François Morelli

Artiste Mentor

François
Morelli

Artiste multidisciplinaire, François Morelli est intéressé par l’art en tant qu’expérience relationnelle sous de nombreux thèmes liés à la psychologie, à la sexualité et aux rapports de force. Pour lui, l’enseignement universitaire est un outil qui sert à réfléchir sur sa pratique. 

Entretien avec François Morelli

Depuis longtemps j’aime m’investir dans l’espace et faire le lien entre les disciplines, en soulignant leur complémentarité et leur simplicité. 

1 Qu’est-ce qui vous a poussé vers le domaine artistique ?

L’influence de mon frère aîné, car il a amené les premières œuvres d’art dans la famille et c’est à ce moment que j’ai pris conscience de l’existence de l’art contemporain. J’ai aussi été beaucoup influencé par la contre-culture des années 60. Sinon, le rapport entre le texte écrit et l’illustration dans l’œuvre de William Blake et les gravures d’Albrecht Dürer m’ont grandement inspiré. Avec mes origines modestes, je pouvais désormais m’affirmer socialement, intellectuellement, et me réinventer grâce à l’art. 

2 Quel(s) médium(s) avez-vous exploré(s) ?

Au tout début, c’était le collage et l’assemblage à la maison, et des constructions bricolées dans la ruelle. Par la suite, je me suis consacré au dessin. Ensuite, c’est le processus créatif en soi qui m’a intéressé, au-delà d’un médium spécifique. Depuis longtemps j’aime m’investir dans l’espace et faire le lien entre les disciplines, en soulignant leur complémentarité et leur simplicité. 

3 Qu’est-ce qui vous enrage, vous inspire ?

Ce qui m’enrage, c’est la manière dont l’art est en train de devenir une pure plus-value spéculative. J’ai assisté à ce changement au cours des vingt dernières années, et ça me sidère complètement. La nouvelle économie boursière de l’art m’attriste grandement et son impact sur la diversité globale et la culture locale me préoccupe profondément. Le vedettariat en art est aussi une problématique que je trouve très dérangeante. 

Ce qui m’inspire, c’est le potentiel de critique et de transformation sociale que possède l’art avec son côté relationnel. Enfin, ce qui m’inspire par-dessus tout, c’est la possibilité de toucher et d’être touché par l’art.

4 Parlez-nous de votre démarche artistique.

Je poursuis simultanément plusieurs projets avec des médiums différents. Je crois que mon travail est un amalgame de plusieurs sujets humanistes démontrés avec une touche d’humour qui anime la poésie du message que je veux partager. 

5 Définissez-moi ce qu’est un artiste.

Un bel emmerdeur qui s’occupe de choses que les autres ignorent, ou un obsédé qui est parfois névrosé et souvent compulsif, mais qui a réussi à s’en sortir indemne. Et c’est ce qui en fait sa singularité. 

Démarches

C’est en questionnant le cadre et le contexte que François Morelli propose aux artistes de découvrir leur relation avec la structure. Certains utilisent le cadre de façon littérale et d’autres de façon métaphorique. On voit que plusieurs sont très à l’aise avec le thème et se laissent aller, tandis que d’autres sont encore plus rigoureux et structurés qu’en temps normal.

Épisode 5

Le cadre / Le contexte

Karine Payette

Frances Adair Mckenzie

Caroline Monnet

Charles Lavoie

Guillaume Boudrias-Plouffe

Manuel Mathieu

Les oeuvres de l'épisode

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Caroline

Monnet

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Monnet

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Les pieds marinés

Guillaume

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Les pieds marinés

L'atelier

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Manuel

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